Le marché des conférenciers sur l’intelligence artificielle s’est rempli en trois ans. Les agences alignent des dizaines de profils, chacun « expert en IA », et l’organisateur se retrouve à choisir sur une vidéo de deux minutes et une biographie. Le résultat se voit dans les salles : une démonstration de ChatGPT devant des cadres qui l’utilisent déjà tous les jours, ou un récit de fin du monde devant une équipe qu’il fallait mettre en mouvement.
La bonne façon de choisir ne commence pas par les noms. Elle commence par six questions, dans cet ordre.
1. Quel résultat voulez-vous constater le lendemain ?
Trois réponses possibles, qui appellent trois profils différents.
Inspirer : une convention de 500 ou 800 personnes doit repartir avec l’envie et une image forte. Un scientifique de renom, un mathématicien, une figure médiatique font ce travail.
Acculturer : un comité de direction ou une population de managers doit comprendre ce qui change, les ordres de grandeur, les risques. Il faut un pédagogue rigoureux, capable de répondre à des questions pointues sans jargon.
Transformer : des équipes doivent changer leur façon de travailler. Il faut un praticien qui apporte une méthode, et idéalement un format qui prolonge la conférence par de la pratique.
Un même intervenant couvre rarement les trois avec la même force. Dites-vous d’abord lequel des trois vous achetez.
2. Qui est dans la salle ?
Un public de DSI n’a pas besoin qu’on lui explique ce qu’est un modèle de langage ; une force de vente, si. Un comité exécutif attend des décisions à prendre ; des collaborateurs attendent de savoir ce que cela change pour eux. Décrivez votre public au conférencier avant de signer, et vérifiez qu’il adapte réellement son intervention : demandez-lui ce qu’il a modifié pour un public comparable au vôtre.
3. Quel format sert votre objectif ?
La keynote de 45 à 60 minutes installe une vision. La masterclass de deux à trois heures permet de travailler sur des cas. L’atelier produit des décisions. Beaucoup d’organisateurs commandent une keynote par réflexe alors que leur objectif appelait une demi-journée de travail avec vingt personnes. Le détail des formats et de leurs usages est dans notre article Keynote, masterclass ou atelier.
4. Le discours est-il à jour ?
C’est le critère le plus souvent oublié. L’intelligence artificielle de 2026, avec ses agents autonomes, ses modèles de raisonnement et le règlement européen entré en application, n’a plus grand-chose à voir avec celle de 2023. Un conférencier qui tourne la même conférence depuis trois ans se repère vite : regardez une intervention intégrale récente, pas un teaser monté. Vérifiez la date de ses dernières publications ou prises de parole. Demandez-lui ce qu’il a changé dans son propos au cours des douze derniers mois.
5. Quelles preuves avez-vous ?
Trois sources valent mieux qu’une biographie. Les programmes d’événements passés, qui disent devant qui l’intervenant a réellement parlé. Les publications, livres ou articles, qui montrent la profondeur du fond. Et un appel de quinze minutes avec lui : un bon conférencier pose plus de questions sur votre événement qu’il ne parle de lui.
6. Quel budget, et pour quoi ?
Les cachets en France vont d’environ 3 000 € HT pour un expert reconnu à 10 000 ou 20 000 € HT pour une personnalité très médiatisée, hors frais de déplacement. Le prix dit la notoriété, pas la pertinence pour votre salle. Notre article sur les tarifs d’un conférencier IA en 2026 détaille les fourchettes, ce qu’elles incluent et ce qui se négocie.
Ce que fait notre sélection
Les cinq conférenciers de notre sélection 2026 ont été retenus sur ces critères, avec un souci de complémentarité : un praticien, une scientifique, une éthicienne, un mathématicien, un entrepreneur. Chaque fiche indique les publics et les formats pour lesquels le profil est le plus pertinent.
Si vous hésitez entre plusieurs profils, décrivez-nous votre événement : nous vous indiquons sous 48 heures lequel correspond à votre objectif, sans commission.